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Inspection refusée : que faire quand le lot ne passe pas ?

Un lot refusé à l’usine est une mauvaise nouvelle, mais il est encore temps d’agir : la marchandise n’est ni payée en totalité ni expédiée.

Un lot refusé n’est pas encore expédié : c’est le meilleur moment pour agir. Repérez dans le rapport les défauts en cause, puis demandez au fournisseur de trier ou de reprendre la marchandise avant une contre-inspection, à ses frais si l’AQL et le contrôle par un tiers figurent au bon de commande.

Ce que signifie « lot refusé »

Lors d’une inspection avant expédition, l’inspecteur contrôle un échantillon tiré au hasard selon l’AQL et compte les défauts, classés en critiques, majeurs et mineurs. Le lot est refusé dès qu’un type de défaut atteint sa limite. Pour une commande de 5 000 pièces au niveau de contrôle II, l’échantillon est de 200 pièces et le lot est refusé à partir de (le calculateur AQL donne ces seuils pour toute autre quantité) :

Type de défautAQL usuelLot refusé à partir de
Critique (produit dangereux ou illégal)01 défaut
Majeur (usage ou vente compromis)2,511 défauts
Mineur (aspect, finition)4,015 défauts

Un lot peut aussi échouer sur d’autres points : quantité incomplète, essai de fonctionnement ou de sécurité raté, marquage absent, emballage non conforme. L’inspecteur constate et documente ; il ne décide jamais du sort de la production. C’est vous qui décidez, rapport en main.

Étape 1 : lire le rapport avant d’appeler le fournisseur

Avant toute négociation, identifiez précisément le problème :

  • Quels défauts font échouer le lot ? Un seul défaut critique suffit, quel que soit le reste. S’il s’agit de majeurs, lesquels reviennent le plus ?
  • Défaut systématique ou aléatoire ? Le même défaut sur beaucoup de pièces (une cote hors tolérance, une couleur fausse) vient du procédé : le tri ne suffira pas. Des défauts variés et dispersés relèvent plutôt du soin apporté à la fabrication.
  • Concentré ou réparti ? Si les défauts se trouvent dans certains cartons, une ligne ou une équipe peut être en cause, et le tri peut être ciblé.
  • Visible ou non ? Un défaut d’aspect se trie à l’œil ; un défaut de fonctionnement ou de sécurité demande un essai sur chaque pièce.

Étape 2 : choisir la bonne réponse

OptionQuand l’envisagerÀ surveiller
Tri à 100 % puis contre-inspectionDéfauts visibles et aléatoiresLes pièces écartées doivent être remplacées pour livrer la quantité commandée
Reprise puis contre-inspectionDéfaut corrigible : étiquette, marquage, emballage, finition, réglageUne reprise mal faite crée de nouveaux défauts ; faites contrôler tout le lot, pas seulement les pièces reprises
Nouvelle productionDéfaut systématique de matière ou de procédéDélai : à replanifier avec vos dates de vente
Dérogation (acceptation avec remise)Défauts mineurs ou esthétiques, quand le délai primeJamais pour un défaut critique ; accord écrit, avec le montant de la remise
Refus du lotDéfaut critique irréparable, ou fournisseur qui refuse de corrigerDépend de votre contrat et de l’acompte déjà versé

Étape 3 : négocier avec le fournisseur

Votre position dépend surtout de ce qui a été écrit avant la commande. Si le bon de commande fixe les niveaux d’AQL, l’échantillon de référence et le contrôle par un tiers, le refus n’est pas votre opinion contre la sienne : c’est l’application d’une règle qu’il a acceptée. Vous pouvez alors légitimement lui demander de reprendre la marchandise et de payer la contre-inspection.

  • Envoyez le rapport rapidement, avec la liste des défauts et la réponse attendue (tri, reprise ou nouvelle production).
  • Demandez la cause du problème et l’action corrective, par écrit, pas seulement une promesse de « faire attention ».
  • Fixez ensemble la date de la contre-inspection et son impact sur la date d’expédition.
  • Ne payez pas le solde avant une contre-inspection conforme : c’est votre principal levier.

Étape 4 : la contre-inspection

Une fois le tri ou la reprise terminés, le lot est inspecté à nouveau. Elle se réserve comme une première inspection, avec 48 heures de délai minimum. Quelques règles pour qu’elle ait un sens :

  • elle porte sur l’ensemble du lot, pas seulement sur les cartons repris ;
  • elle utilise les mêmes limites d’AQL, ou un niveau de contrôle plus élevé : après un refus, on relève le niveau de contrôle pour regarder plus de pièces ;
  • elle vérifie en priorité les défauts qui ont fait échouer la première inspection.

Gardez de la marge dans votre calendrier : notre guide sur le délai de réservation d’une inspection explique comment placer l’inspection avant expédition pour pouvoir réagir.

Éviter que cela se reproduise

  • Écrivez les règles avant la commande : AQL, échantillon de référence signé, liste des défauts, contre-inspection aux frais du fournisseur en cas de refus.
  • Inspectez plus tôt sur la commande suivante : une inspection en cours de production ou un suivi de production repère les défauts quand ils peuvent encore être corrigés, jusqu’à ce que les résultats redeviennent stables.
  • Remontez à la cause : si les refus se répètent, un audit technique de l’usine regarde le système qualité, pas seulement le produit.

Pour comprendre comment ces contrôles s’articulent, lisez notre guide complet du contrôle qualité en Chine.

FAQ

Questions fréquentes

Peut-on expédier un lot refusé ?

Oui, la décision vous appartient : l’inspecteur constate, il ne décide pas. Accepter un lot hors AQL peut se justifier pour des défauts mineurs ou esthétiques, contre une remise écrite. Jamais avec un défaut critique : un produit dangereux ou non conforme engage votre responsabilité d’importateur.

Le fournisseur peut-il contester le rapport ?

Il peut demander des précisions, et le rapport y répond avec les photos et le détail de chaque défaut. Les désaccords portent surtout sur la gravité d’un défaut : d’où l’intérêt d’un échantillon de référence validé et d’une liste de défauts convenue avant la production.

Faut-il changer de fournisseur après une inspection refusée ?

Pas forcément. Regardez sa réaction : un fournisseur qui trie, corrige et explique la cause mérite une seconde chance, avec un contrôle renforcé. Des refus répétés ou des défauts critiques justifient en revanche un audit technique de l’usine, ou la recherche d’un autre fournisseur.

Un lot refusé ? Organisons la contre-inspection

Envoyez-nous le rapport et la date de reprise prévue : nous planifions la réinspection avec votre fournisseur.