Assurance qualité et contrôle qualité (QA/QC) : quelle différence ?
Les deux expressions sont souvent confondues, y compris dans les usines. Pour un importateur, la distinction dit quoi demander au fournisseur, et quoi vérifier soi-même.
L’assurance qualité (QA) organise la fabrication pour que les défauts n’apparaissent pas : procédures, formation, audits. Le contrôle qualité (QC) vérifie le produit pour détecter les défauts : inspections, essais, échantillonnage AQL. Chez un fournisseur chinois, il faut les deux : un audit d’usine pour la QA, une inspection à chaque commande pour le QC.
Deux définitions, deux objectifs
La norme ISO 9000, qui fixe le vocabulaire du management de la qualité, distingue deux notions :
- L’assurance de la qualité (quality assurance, QA) vise à donner confiance dans le fait que les exigences pour la qualité seront satisfaites. Elle porte sur l’organisation : procédures, compétences, équipements, maîtrise des fournisseurs.
- La maîtrise de la qualité (quality control, QC), que l’on appelle couramment contrôle qualité, vise à satisfaire ces exigences. En pratique, elle vérifie les produits : mesures, essais, inspections.
Autrement dit, l’assurance qualité prévient les défauts, le contrôle qualité les détecte. L’une regarde le procédé, l’autre le produit.
QA et QC en un coup d’œil
| Assurance qualité (QA) | Contrôle qualité (QC) | |
|---|---|---|
| Objectif | Éviter que les défauts apparaissent | Trouver les défauts avant qu’ils n’arrivent chez le client |
| Porte sur | Le procédé et l’organisation | Le produit et le lot |
| Moment | Avant et pendant la production | Pendant et après la production |
| Outils | Procédures, plan qualité, formation, étalonnage, audits, évaluation des fournisseurs | Inspections, essais en laboratoire, échantillonnage AQL, tri |
| Résultat | Un système qui produit de façon constante | Un lot accepté ou refusé |
| Chez LPI | Évaluation initiale d’usine, audit technique, responsable qualité fournisseurs | Inspections à chaque étape, tests en laboratoire |
Un exemple : une chaise en bois
Prenons une commande de chaises fabriquées en Chine.
- Côté assurance qualité, l’usine contrôle le taux d’humidité du bois à réception, sèche les lots qui dépassent la limite, forme les opérateurs à l’assemblage, étalonne ses instruments et suit un plan de contrôle écrit. Un audit d’usine vérifie que tout cela existe et fonctionne.
- Côté contrôle qualité, l’inspecteur mesure l’humidité et vérifie l’assemblage et la stabilité sur un échantillon AQL de la commande terminée, et un laboratoire teste la résistance selon la norme applicable aux sièges (EN 1728, par exemple).
Si l’assurance qualité est faible, le contrôle qualité trouvera des défauts, commande après commande. S’il n’y a pas de contrôle qualité, personne ne saura que le système a dérapé sur ce lot-là.
Ce que l’importateur peut faire de chaque côté
Vous ne pilotez pas le système qualité de votre fournisseur, mais vous pouvez l’évaluer et vérifier son résultat.
Évaluer l’assurance qualité du fournisseur
Un audit technique d’usine, fondé sur les principes de l’ISO 9000, examine le profil de l’usine, l’équipe qualité, les équipements et le système qualité : achats, maîtrise de la conception, stockage, contrôle à réception, contrôle en cours de fabrication, essais et amélioration continue. Avant une première commande, une évaluation initiale plus légère vérifie déjà que l’usine a la capacité de répondre à vos exigences.
Contrôler la qualité de chaque commande
Les inspections suivent la vie de la commande : contrôle en début de production, inspection en cours de production, inspection avant expédition, contrôle du chargement. Les tests en laboratoire prouvent la conformité aux normes, ce qu’une inspection ne peut pas faire. Le service qualité de l’usine fait aussi son propre contrôle ; il ne remplace pas un regard indépendant, comme l’explique notre guide inspecter soi-même ou déléguer.
Par quoi commencer ?
- Nouveau fournisseur : évaluez l’usine avant de verser l’acompte (assurance qualité), puis inspectez chaque commande (contrôle qualité). Commencez par vérifier le fournisseur dans les registres publics, gratuitement.
- Fournisseur établi : après plusieurs commandes conformes d’affilée, vous pouvez espacer les contrôles ou ne garder que l’inspection avant expédition.
- Défauts répétés : renforcer le contrôle ne suffit pas ; il faut remonter à la cause dans le système qualité de l’usine, avec un audit et un plan d’actions correctives.
La traçabilité fait le lien entre les deux : elle rattache chaque lot aux contrôles qu’il a subis. C’est l’objet de notre guide contrôle qualité et traçabilité. Pour la vue d’ensemble, lisez notre guide complet du contrôle qualité en Chine.
Questions fréquentes
Que signifient IQC, IPQC et OQC dans une usine chinoise ?
Ce sont les étapes du contrôle qualité interne de l’usine. IQC (incoming) contrôle les matières et composants à réception, IPQC (in-process) contrôle la fabrication sur la ligne, et OQC (outgoing), parfois appelé FQC (final), contrôle les produits finis avant leur sortie. Demandez à voir leurs relevés lors d’un audit.
Une usine certifiée ISO 9001 a-t-elle encore besoin d’être inspectée ?
Oui. Le certificat atteste qu’un organisme a audité le système de management de la qualité de l’usine, pas que votre lot est conforme. Vérifiez qu’il est valide et qu’il couvre bien le site et l’activité qui fabriquent votre produit, puis inspectez vos commandes comme pour n’importe quel fournisseur.
Le contrôle qualité fait-il partie de l’assurance qualité ?
Dans la norme ISO 9000, les deux sont des composantes distinctes du management de la qualité. En pratique, elles se nourrissent : les défauts trouvés au contrôle montrent où le système de l’usine doit être corrigé, et un bon système réduit le nombre de défauts trouvés au contrôle.
Évaluez votre fournisseur, contrôlez vos commandes
Audit technique de l’usine pour l’assurance qualité, inspections à chaque commande pour le contrôle : LPI couvre les deux.